J’entends très souvent cette remarque de la part de marques qui ne ciblent pas des ados et qui pensent donc qu’il est inutile pour elles d’aller sur Snapchat. Mais cette idée est fausse : il n’y a pas que des ados sur Snapchat, loin de là, et les 25-35 ans arrivent en masse actuellement. Décryptage d’une idée-reçue.

Commençons pas les chiffres

D’un point de vue purement factuel, la tranche d’age qui utilise le plus Snapchat est bien celle des 12-25 qui se sont très vite approprié les codes du réseau social éphémère. Mais si l’on regarde les projections réalisées par e-marketer pour les US, on se rend compte qu’à l’horizon 2021, il y aura plus de 24-35 que de 18-24. Aussi, la tranche d’age qui va le plus augmenter est celle des 35-44 ans qui aura presque triplé entre 2015 et 2021 atteignant presque les 10 millions d’utilisateurs à terme. On prévoit même quelques 4 millions d’utilisateurs entre 55 et 64 ans et plus de 2 millions de plus de 65 ans. Autant dire que Snapchat n’est pas réservé exclusivement aux ados.

 

Pourquoi cette mauvaise interprétation ?

Pour Snapchat, toucher les millennials est un réel avantage qu’aucun autre réseau social ne possède, c’est donc pour cela que cet argument est largement mis en avant. D’autre part, le caractère novateur des lenses en fait la principale fonctionnalité dont on parle lorsque l’on évoque Snapchat. En effet, la première chose qui vous vient à l’esprit c’est le filtre avec les oreilles de chien (ou pour ceux qui sont là depuis plus longtemps, celui qui fait vomir un arc-en-ciel).

Ces fonctionnalités amusantes très prisées par les ados servent surtout à démontrer à un public très large les capacités technologiques de Snapchat. Car au delà de la possibilité d’ajouter des oreilles et de faire sortir une langue quand on ouvre la bouche, si on creuse un peu, on se rend compte que Snapchat détient une technologie qui est capable de reconnaître le visage avec précision mais aussi les objets (avec les world lenses et ces animations qui prennent en compte votre environnement comme l’arc en ciel sui coule du nuage et s’arrête sur le sol ou avant s’il y a un obstacle). On peut donc facilement envisager que la reconnaissance d’objets alliée avec des fonctionnalités moins connues comme le navigateur intégré à Snapchat (qui permet donc de visiter des pages web sans sortir de l’appli) permettront demain de vendre directement des produits présents sur les snaps. Mais si vous préférez penser que Snapchat ne sert qu’a danser en costume de lapin …

 

Erreur qui en découle : faire du kikoolol

L’erreur la plus fréquente à partir de là pour les marques, va consister à vouloir parler « jeunes ». Et comme sur tous les autres médias, il n’y a rien de pire qu’une marque qui essaye de faire jeune, ça tombe toujours à côté. Et surtout cela ne correspond pas avec la ligne éditoriale habituelle de la marque. Prenez par exemple les chaînes Discover. La plupart sont des médias s’adressant à des trentenaires voir bien plus (je ne parle évidemment pas de Melty qui s’adresse à un public très jeune). Les sujets, l’angle et même le ton (voire les expressions à grand renfort d’emojis) ou l’utilisation de snaps à vocation exclusivement divertissantes sont souvent très loin de ceux utilisés habituellement. Quel grand écart entre la couverture du magazine Paris Match (avec Mireille Darc qui « sourit à la vie après 2 comas et un arrêt cardiaque ») et les sujets sur Kev Adams, la nouvelle coiffure de Julien Doré, la photo de Bella Hadid en vacances en Jamaïque et les images du clip de Black M et Shakira issus de l’édition Discover du jour ?

Le Monde est le seul media a avoir su adapter son contenu à Snapchat sans perdre pour autant son identité. Le quotidien éditorialise ses sujets et s’attache à rendre les infos faciles d’accès en étant le plus pédagogue possible sans en rajouter dans les expressions de jeunes. Et cela semble marcher puisque leur partenariat avec Snapchat vient d’être reconduit pour une nouvelle année.

 

2 choses à retenir :

 

 Il y a tous les âges sur Snapchat et votre cible est forcément présente

 

 Il n’est pas nécessaire de se dénaturer pour engager les utilisateurs sur Snapchat ni de « parler jeune »

 

 

En espérant que les marques ne s’arrêteront plus à ce préjugé et considéreront Snapchat comme un outil potentiel pertinent pour leur stratégie Social Media.