Pour sa dernière exposition « Artistes et Robots » qui s’est terminée le 9 juillet, Le Grand Palais a mis en place un filtre et un compte Snapchat. Retour sur l’utilisation de ce réseau social avec une interview de Céline Nègre, Responsable Activité web et réseaux sociaux à la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et Alexis Lecomte, Community Manager dans l’équipe.

 

 

Comment a démarré cette utilisation de Snapchat ?

 

Cela faisait déjà un petit moment qu’on voulait lancer notre compte Snapchat et l’exposition « Artistes et Robots » a été la bonne occasion avec des visiteurs plus jeunes que le public habituel. On a donc contacté Snapchat en espérant créer une Lens en réalité augmentée à partir d’une œuvre d’un artiste présent à l’exposition, mais nous avions un budget limité pour ce projet. Snapchat nous a donc proposé un filtre géolocalisé qui nous a semblé être une très belle opportunité pour un lancement.

On a travaillé ce filtre à partir de notre affiche et celui-ci a été disponible pendant toute la durée de l’exposition du 5 avril au 9 juillet. Parallèlement on a ouvert un compte à la même époque qui est administré par notre community manager Alexis. L’objectif était de pouvoir toucher une cible un peu plus jeune et cela permettait aussi d’avoir un ton un peu différent plus décalé, léger que sur les autres réseaux sociaux. Cette exposition était intéressante pour cela car elle comportait des œuvres très interactives, parfois ludiques. L’objectif est d’informer de façon ludique, pour générer de l’interactivité avec les utilisateurs (notamment avec le filtre géolocalisé qu’ils peuvent partager entre amis ou sur leur story ou avec des retours par message direct où ils expriment leur sentiment vis à vis de l’exposition). C’est également l’occasion de montrer les coulisses de l’exposition.

 

 

 

Quels retours avez-vous en message direct ?

 

On vient d’ouvrir le compte, donc les choses se mettent en place et il y a encore une marge de progression assez importante. Mais on a par exemple organisé une soirée influenceurs qui a généré du bruit numérique et plus de 1,5 millions de vues du filtre. Le compte est assez suivi et on reçoit parfois des snaps avec le filtre, avec des retours d’ impressions sur l’expo. L’ engagement n’est pas encore très fort étant donné que le compte a été ouvert il y a 3 mois mais c’est déjà en nette progression.

 

 

Connaissez-vous le nombre de personnes qui vous suivent ?

 

Nous n’avons pas encore fait le décompte manuellement mais cela sera fait prochainement. On sait que le filtre a été vu plus de 1,5 millions de fois

 

 

Qu’avez-vous posté comme stories sur le compte ? Quelle est votre ligne éditoriale ?

 

On a posté 4-5 stories sur les 3 mois. Notamment lorsqu’il y a eu des évènements tournés vers les jeunes. Par exemple, chaque premier mercredi du mois, le Grand Palais était exceptionnellement ouvert gratuitement aux jeunes de moins de 26 ans, donc nous avons été sur place pour faire des stories dédiées. L’idée globale dans ces stories était de montrer l’exposition, soit on s’attardait sur une œuvre en particulier, soit on informait sur la gratuité exceptionnelle du mercredi, on posait des questions, on incitait à partager leur expérience de l’exposition et à utiliser le filtre.

 

 

Quel est l’avenir du compte snpachat?

 

On réfléchit à d’autres filtres pour des expositions à la rentrée. L’idée avec cette première utilisation était de tester le dispositif et de voir comment ça réagissait. Si on lance de nouveaux filtres ou lens en septembre, on mettra en place une stratégie de com digitale plus importante. On réfléchit à la possibilité de mettre en place des filtres où les gens pourraient s’approprier des objets en lien avec l’exposition Venise qui ouvre en septembre.

 

 

Quelles sont les contraintes pour l’utilisation des œuvres quand on est dans le domaine culturel ?

 

Il faut bien sûr s’acquitter des droits et obtenir des autorisations nécessaires si nécessaire pour les utilisations des oeuvres.

Pour l’exposition « Artistes et Robots » on avait la chance d’avoir des contacts avec les artistes exposés  avec lesquels nous pouvions échanger, et notamment un artiste français qui s’appelle Miguel Chevalier et qui est très ouvert aux nouvelles technologies et aux nouveaux canaux de visibilité qu’on peut offrir.

 

 

En terme d’animation du compte, avez-vous organisé des concours ?

 

Nous n’avons pas encore testé de concours pour le moment, d’autant plus que la communauté était encore restreinte au démarrage. On voulait plutôt informer de manière ludique autour des expositions. Mais pour les prochaines, on fera certainement un concours, on mettra en place des mécaniques visant à inciter à réagir, des quizz aussi. Après cette première phase de test avec le compte, on l’utilisera de façon plus interactive.

 

 

Quelle communication avez-vous mise en place pour faire connaître le compte Snapchat ?

 

Nous avons utilisé une signalétique à l’entrée, nos réseaux sociaux, notre site et la newsletter, plus les soirées presse ou influenceurs que l’on a organisées.

 

 

Quelle a été pour vous la plus grosse difficulté dans l’utilisation de Snapchat?

 

Notre CM s’occupant déjà de tous nos autres réseaux sociaux pour le Grand Palais, il a fallu revoir notre organisation dans l’équipe.

Enfin le budget limité que nous avions pour ce projet a été un nouveau challenge à relever et nous sommes ravis d’avoir pu mettre en place ce filtre géolocalisé même si ce n’était pas notre projet initial.

 

Postez-vous les mêmes stories sur Snapchat et Instagram ?

 

On différencie ces 2 réseaux sociaux et on ne publie pas la même chose. Sur Snap, le ton est beaucoup plus léger que sur Instagram dont ce n’est pas le positionnement premier.

 

 

Combien de temps passez-vous sur Snapchat pour quelles retombées ?

Le temps passé sur Snapchat représente environ 15% du temps de notre community manager. Nous avons eu des retours de personnes qui étaient agréablement surprises de nous trouver sur Snapchat, ce qui est plutôt un bon retour et la communauté grandit bien.

 

 

En terme d’objectif vous allez rester sur du branding ?

 

Nous ne sommes pas un musée, donc nous n’avons pas de collection permanente.

On est donc vraiment dépendants de la programmation et on adapte nos contenus en fonction des expositions.

 

 

Quels sont les comptes qui vous inspirent ?

 

Il y a le compte d’un musée américain qui faisait des contenus assez décalés et décomplexés : LACMA. Sinon on regarde aussi les médias sur les chaines Discover comme Vice, Le Monde ou l’Equipe qui ont une approche originale avec des traitements différents et qui sont une une source d’inspiration intéressante.

 

 

Au niveau des metrics, quelles sont celles que vous surveillez ?

 

Pour l’instant on était dans une phase d’expérimentation avec un travail en collaboration avec les équipes de Snapchat. Pour les stories on a regardé au fur et à mesure et sur les dernières il y avait entre 200 et 300 vues ce qui est encourageant. On est seulement en train de finaliser le bilan et de réceptionner tous les chiffres donc on n’a pas encore de visibilité sur les actions qui ont le mieux performé.

[EDIT] Snapchat nous indique que le filtre a comptabilisé 1,5 millions de vues en trois mois d’exposition

 

 

Quels sont les outils que vous utilisez dans la production de vos stories ?

 

Sur Snapchat on va sur place et on fait des stories en utilisant les fonctionnalités natives de dessin, stickers… C’est plus pour Instagram qu’on va utiliser les outils de PAO (type Photoshop, Illustrator…). On passera peut-être plus de temps à la production de contenus plus poussés quand on aura une communauté plus importante.

 

 

Si vous aviez un conseil à donner avant de se lancer sur Snapchat ce serait lequel ?

 

On ne se sent pas encore tout a fait légitime pour donner des conseils sur Snapchat ! Pour une institution culturelle, je dirai qu’il faut arriver à s’adapter au public de Snapchat pour une utilisation optimale.

 

 

Un dernier mot ?

 

On espère arriver à avoir un projet d’envergure un peu plus grande pour les expositions d’automne et on serait ravis que Snapchat s’empare de l’un de nos projets

 

Merci à Céline Nègre et Alexis Lecomte.

 

 

 

[ A RETENIR ]

 

Les points forts du Grand Palais :

 

  • Une bonne connaissance du community management en général et de Snapchat en particulier (fonctionnalités, engagement…)
  • Une volonté d’utiliser Snapchat et une réelle ambition associée
  • Avoir compris qu’il faut différencier ses stories sur Snapchat et sur Instagram car l’usage des 2 plateformes est différent
  • Avancer progressivement en mode test and learn et accepter que la communauté prenne le temps de se mettre en place

 

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